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Arnaques

Les arnaques par SMS

Le SMS est devenu le canal principal de la fraude en France : court, immédiat, lu en quelques secondes. Voici ses scénarios habituels.

Publié le 7 août 20264 min de lectureLa rédaction Vérifions
Mains tenant un téléphone ouvert sur une conversation de messages courts.
Photographie Pexels, libre d'usage commercial.

Le SMS a des propriétés qui en font un outil de fraude redoutable : il est lu presque toujours, très vite, sur un écran étroit où l'adresse d'un lien tient rarement en entier. Il coûte enfin quelques centimes pour des milliers d'envois.

Les scénarios les plus répandus

Le colis en attente

Le plus fréquent, parce qu'il est presque toujours plausible. Une petite somme est réclamée pour « libérer » un colis. Le montant est dérisoire à dessein : il vise à rendre le paiement moins coûteux que la vérification. Voir reconnaître une fausse livraison.

L'amende impayée

« Avis de contravention : dernier rappel avant majoration. » Les vrais avis arrivent par courrier, et leur règlement passe par le site officiel de l'administration, que vous ouvrez vous-même. Le message frauduleux ajoute presque toujours une menace de majoration.

Le compte bancaire suspendu

Ce message sert souvent d'introduction à un appel téléphonique : après avoir saisi vos identifiants sur la fausse page, vous recevez un appel du « service fraude » qui achève l'opération. Voir le faux conseiller bancaire.

La carte Vitale ou la mutuelle

« Votre carte Vitale arrive à expiration, mettez-la à jour. » Une carte Vitale n'a pas de date d'expiration et son renouvellement n'est jamais payant. Ce scénario vise surtout les données personnelles : numéro de sécurité sociale, date de naissance, coordonnées bancaires.

Le « bonjour maman »

« Bonjour maman, j'ai cassé mon téléphone, voici mon nouveau numéro. » Puis, après quelques échanges, une demande d'argent urgente. Le procédé s'appuie sur l'inquiétude parentale et sur l'impossibilité de vérifier une voix par écrit.

Le remboursement à réclamer

Impôts, énergie, mutuelle : « un remboursement de 178 € vous attend ». Aucun organisme public ne rembourse contre saisie d'un numéro de carte. Un remboursement fiscal arrive sur le compte déjà connu de l'administration.

Pourquoi le message semble venir du bon expéditeur

Le nom d'expéditeur d'un SMS est une donnée déclarative : il peut être falsifié. Le message frauduleux vient alors se ranger dans la même conversation que les vrais messages de l'organisme, sur votre téléphone. C'est ce qui le rend si convaincant.

Conséquence pratique : ne jugez jamais un SMS sur son expéditeur. Jugez-le sur ce qu'il demande et sur l'adresse vers laquelle il renvoie.

Le réflexe unique

Signaler au 33700

Le 33700 est le dispositif national de signalement des messages et appels frauduleux. C'est gratuit et cela prend dix secondes : transférez le SMS au 33700, puis répondez au message automatique en indiquant le numéro de l'expéditeur.

Ces signalements alimentent le blocage des numéros utilisés. C'est le geste le plus utile que l'on puisse faire pour les personnes qui recevront le même message demain.

Ressources officielles

Questions fréquentes

Comment ont-ils obtenu mon numéro de téléphone ?

Le plus souvent par une fuite de données chez un service où vous étiez inscrit, ou par génération automatique de numéros. Recevoir un SMS frauduleux n'indique donc pas que votre téléphone est compromis, ni que quelqu'un vous vise personnellement.

Bloquer le numéro sert-il à quelque chose ?

Marginalement : les envois passent par des numéros différents à chaque campagne. Le signalement au 33700 est plus efficace, car il agit sur la source plutôt que sur un numéro isolé.

Un SMS peut-il infecter mon téléphone sans que je clique ?

C'est très rare et cela suppose une faille non corrigée. Sur un téléphone à jour, la réception d'un message ne présente pas de risque en soi. Le danger commence au clic, et surtout à la saisie d'informations sur la page ouverte.

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