Arnaques
L'arnaque au faux conseiller bancaire
C'est l'une des fraudes les plus coûteuses pour les particuliers, parce qu'elle ne repose pas sur un faux site mais sur une conversation qui s'adapte.

Les montants en jeu sont ici sans commune mesure avec ceux d'un faux site marchand : plusieurs milliers d'euros en une conversation. La raison tient à la nature de l'échange — un dialogue en direct, capable de répondre à chacune de vos objections.
L'appel est préparé
Contrairement à un SMS envoyé en masse, cet appel s'appuie sur des informations réelles vous concernant : votre nom, votre banque, parfois les derniers chiffres de votre carte ou une opération récente. Elles proviennent d'une fuite de données, d'un hameçonnage antérieur ou d'un achat sur un faux site.
Pourquoi le numéro affiché n'est pas une preuve
Le numéro qui s'affiche lors d'un appel est une donnée déclarative, techniquement falsifiable. Voir apparaître le numéro de son agence ne prouve donc rien. Des obligations d'authentification ont été imposées aux opérateurs français ces dernières années, mais aucun dispositif ne permet au destinataire d'un appel de faire cette vérification lui-même.
La conséquence pratique est simple : le numéro affiché ne doit jamais entrer dans votre décision.
Le scénario habituel
L'appelant annonce une fraude en cours sur votre compte. Vous la démentez, et vous voilà de son côté : il n'est plus un inconnu qui appelle, il est celui qui vous protège. C'est le pivot du dispositif, et il intervient dans les trente premières secondes.
Vient ensuite la demande décisive, qui prend l'une de ces quatre formes :
- Communiquer un code reçu par SMS, présenté comme nécessaire pour « annuler » l'opération frauduleuse.
- Valider une notification dans l'application bancaire, pendant qu'il reste en ligne.
- Effectuer un virement vers un « compte de sécurité » ou un « compte séquestre ».
- Installer un logiciel d'assistance à distance, pour qu'il « intervienne directement ».
Ce que fait réellement le code SMS
C'est le point que la fraude exploite, parce qu'il est mal compris. Ce code n'est pas un moyen de vous identifier : il autorise une opération précise, dont le montant et le destinataire figurent le plus souvent dans le texte du message.
Lisez le message en entier avant le code. S'il indique « virement de 4 200 € vers M. X », c'est exactement ce que vous vous apprêtez à autoriser — et cette autorisation vous sera opposée ensuite.
La réponse qui fonctionne toujours
Vos droits si l'opération est passée
Le code monétaire et financier prévoit le remboursement des opérations de paiement non autorisées, sauf négligence grave du client. La difficulté propre à ce scénario est que la banque considère souvent la communication d'un code comme une négligence grave.
Ce n'est pas une fatalité. La jurisprudence a retenu la responsabilité de banques dans des cas où la mise en scène était particulièrement élaborée — numéro falsifié, informations personnelles exactes, pression maintenue. Contestez par écrit, exigez une réponse motivée, puis saisissez le médiateur de votre banque, dont les coordonnées figurent sur vos relevés.
Appeler la banque immédiatement
Un virement peut parfois être rappelé s'il n'est pas encore exécuté. Les premières heures comptent.
Contester par écrit
Lettre recommandée ou messagerie sécurisée, avec le déroulé détaillé de l'appel, l'heure et le numéro affiché.
Déposer plainte
Utile face à la banque, et nécessaire pour les montants importants.
Saisir le médiateur en cas de refus
La saisine est gratuite. Elle intervient après une réponse écrite négative de la banque.
Ressources officielles
- Cybermalveillance.gouv.frFiche réflexe et orientation vers les bonnes démarches.
- Info Escroqueries — 0 805 805 817Numéro gratuit du ministère de l'Intérieur pour être conseillé.
- ABE Info ServiceInformation publique sur la banque, l'assurance et l'épargne, y compris sur les recours.
Protéger ses proches
Ce scénario vise en priorité les personnes âgées, non par manque de discernement mais parce qu'elles décrochent plus volontiers et sont plus souvent seules face à l'appel.
Le message le plus utile à transmettre tient en une phrase : on peut toujours raccrocher et rappeler. Ce n'est ni impoli, ni risqué, et aucune banque ne le reprochera. Convenir à l'avance d'un réflexe familial — « avant toute opération inhabituelle, on s'appelle » — vaut mieux que toutes les explications techniques.
Questions fréquentes
Ma banque peut-elle vraiment m'appeler au sujet d'une fraude ?
Oui, cela arrive. Mais un appel authentique ne débouche jamais sur une demande de code, de virement ou d'installation de logiciel. Rappeler vous-même le numéro officiel ne vous fait rien perdre : si le dossier existe, il vous sera confirmé.
Comment un fraudeur connaît-il mes dernières opérations ?
Le plus souvent parce que ces informations ont été collectées auparavant : achat sur un faux site, page d'hameçonnage, fuite de données chez un commerçant. Une connaissance précise de votre situation n'est donc pas une preuve d'authenticité — c'est plutôt le signe d'un incident antérieur.
Serai-je remboursé si j'ai communiqué un code ?
Ce n'est pas automatique : la banque invoque fréquemment une négligence grave dans ce cas. Contestez néanmoins par écrit, demandez une réponse motivée et saisissez le médiateur si le refus persiste. Des décisions ont retenu la responsabilité de la banque lorsque la mise en scène était très élaborée.
À lire ensuite
- Comment reconnaître un faux conseiller bancaire ?L'appel est préparé : votre nom, votre banque, parfois une vraie opération récente. Un seul geste le désamorce, et il est toujours le même.
- J'ai donné ma carte bancaire à un faux site : que faire ?Faire opposition, contester l'opération, signaler, déposer plainte. Dans cet ordre, et sans attendre de voir si le colis arrive.
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